Le deuil en littérature - Lectures

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le deuil en littérature - Lectures

Message  LA le Lun 27 Fév - 0:49

Lectures recommandées ou effectuées

Perte d'un enfant par un père
The Shack (La Cabane) de William P. Young > apparemment très américain.

Perte de la personne qu'on aime
***I heart you, you haunt me de Lisa Schroeder
PS I love you, de Cecelia Ahern

Perte de la mère
***Livre de ma mère d'Albert Cohen
Une mort si douce de Simone de Beauvoir

Perte d'un proche
Antigone, Bauchau

____________
LUS
La délicatesse de Foenkinos > Ayant perdu l'amour de sa vie, Nathalie passe peu à peu à autre chose.
Antigone, d'Anouilh > Antigone voulant enterrer son frère Etéocle.
Quelque chose noir, Jacques Roubaud

VU
PS I love you
Lovely Bones, P. Jackson. > http://rainbowrecordblog.blogspot.com/2010/05/lovely-bones-movie-by-peter-jackson.html
What Dreams May Come by Vincent Ward


Dernière édition par LA le Lun 27 Fév - 13:54, édité 5 fois

LA
Admin

Messages : 284
Date d'inscription : 26/02/2012

Voir le profil de l'utilisateur http://levoleurdedieux.easyforumpro.com

Revenir en haut Aller en bas

Mort périnatale, deuil et relations parents enfants, par J. Jacques Breton, revue de presse

Message  LA le Lun 27 Fév - 1:18

Article en ligne > http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/enfan_0013-7545_1984_num_37_3_2849
Télécharger le PDF > http://www.fichier-pdf.fr/2012/02/27/article-enfan-0013-7545-1984-num-37-3-2849/preview/page/1

J.-Jacques Breton, Année 1984, Volume 37, Numéro 37-3-4, pp. 393-404

Mon résumé : Le deuil périnatal s'observe au cas par cas mais on peut tout de même tirer quelques généralités : il faut avoir un contact avec l'enfant après sa mort pour s'en souvenir et mieux commencer son deuil, et ne pas mettre en route une nouvelle grossesse avant d'avoir terminé celui-ci. Les réactions pathologique qui s'ensuivent dépendent de l'individu et du milieu où il évolue plus que du type de mort ou de l'enfant mêmes. Les pères ressentent ou expriment moins leur réaction face à ce deuil que les mères.

I.
Début XXe,
1/100 des femmes décèdent lors de l'accouchement.
10/100 nouveaux-nés ne vivent pas plus d'un an.

1984,
1/10 000 des femmes décèdent lors de l'accouchement.
1/100 nouveaux-nés ne vivent pas plus d'un an.

Comme le cas est de plus en plus rare, le deuil des personnes ayant perdu un enfant est de plus en plus difficile, car il reçoit beaucoup moins de soutient.

IV.
"Avant l'apport de la psychanalyse, on considérait le deuil comme une entité allant de soi. Il se faisait par une atténuation progressive de la douleur."
Depuis l'étude de Freud sur le deuil et la mélancolie (1917), le deuil a été hiérarchisé en étapes (une "élaboration psychologique").

Lindermann a identifié suite à une étude en 1944 cinq caractéristiques du deuil normal: somatisation, préoccupation avec l'image du défunt, culpabilité, agressivité, perte de contrôle sur les mécanismes d'adaptation. Le deuil normal se résout en 5 à 6 semaines (pour ses patients, avec 8 à 10 entretiens psychiatriques).

Bowlby met en place les quatres phases de choc, incrédulité et quête douloureuse, désorganisation et réorganisation.

Kubler-Ross (1969, 1977) décrit cinq étapes plus précises: négation/isolation, colère, marchandage, dépression, acceptation.

V.
Cain et Cain identifient en 1964 le "syndrome de l'enfant qui remplace", où le deuil n'est en fait pas réalisé, et où l'enfant remplaçant est souvent troublé par la suite. Lewis recommande de terminer le travail de deuil avant d'entreprendre une nouvelle grossesse, pour ne pas associer les deux.

Lewis (1976) et Lewis et Page (1978) dissocient chez la mère la perte de "l'enfant intérieur", lors de l'accouchement, et la perte de "l'enfant extérieur", lorsque le nouveau-né meurt à la naissance : il s'agit alors d'un "double deuil" pour la mère. Selon Lewis, il est important de conserver des souvenirs de l'enfant pour ne pas l'idéaliser.

VI.
Bournes (1968) remarque que les médecins ayant accouché des enfants mort-nés évitent de faire face à cette réalité, ce dont témoigne d'ailleurs le peu d'études sur ce sujet. Ils ont même tendance à soigner les réactions physiques de deuil en prescrivant des sédatifs.

A.
Clarke et Willima définissent en 1979 que l'âge du nourrisson à sa mort n'influe pas sur le deuil. Par contre, les femmes de plus de 24 ans sont plus les déprimées par le décès de leur enfant. Les autres facteurs sont le plaisir d'avoir été enceinte, le fait d'avoir déjà perdu un bébé, et peut-être aussi le contact physique avant le décès et le manque de communication à ce sujet avec le père. Dans 50% des cas, les femmes ont enchaînées sur une nouvelle grossesse, dont 80% sont planifiées immédiatement après le décès.

Laroche et Al différencient les réactions de deuils entre appropriées et inappropriées (manifestation très intense ou absence de manifestation). Les femmes étudiées peuvent basculer d'un état à l'autre au cours du temps, et cela peut prendre des années. Les variations se vérifient à l'échelle individuelle.

B.
En 1972, Cullberg détermine diverses réactions pathologiques un à deux ans après l'accouchement chez 19 femmes sur 56 (9 bouffées d'angoisse, 3 dépressions graves, 2 psychoses...).

Peppers et Knapp remarquent sur 10 ans d'étude que l'émotion commune aux femmes observées est la colère, et que leurs réactions sont plus marquées que celles des pères. Cependant, ils ne voient pas de différence entre avortement, mort à la naissance ou décès post-natal.

Benfield et al déterminent en 1978 une échelle de deuil que les réactions maternelles sont bien plus importantes que celles des pères.

VII.
Tous les auteurs considèrent qu'il est important d'établir un contact avec l'enfant, ou de prendre des photographies pour prendre conscience de la réalité du décès et commencer le deuil plus rapidement. Certains signalent qu'il est risqué de laisser les enfants existant hors de la situation. Ils recommandent de laisser passer de 6 mois à plus d'un an avant une autre grossesse.

VIII. Conclusion
-La réflexion sur la mort périnatale est plutôt récente mais sa conceptualisation a progressé et permet de mettre en place des actions préventives.
-Les études sur la mort périnatale sont difficiles à réaliser.

LA
Admin

Messages : 284
Date d'inscription : 26/02/2012

Voir le profil de l'utilisateur http://levoleurdedieux.easyforumpro.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum