2012, février, 02 - Ladybug and Butterfly

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2012, février, 02 - Ladybug and Butterfly

Message  LA le Lun 27 Fév - 1:53


Actoléon était assis près du feu ; il jouait avec un papillon qui voletait autour de sa tête.
Jouer est un bien grand mot : il le suivait du regard, levait le nez pour le humer comme un chien tranquille ; l'insecte battait des ailes autour de ses cheveux et près de ses cils, se posait brièvement sur ses joues, ses oreilles ou le côté de son cou —mais alors Actoléon secouait la tête, car il était chatouilleux.
-Tu joues avec un papillon, exposa Vanhel en venant s'asseoir près de lui, lèvres pincés —tâchant de conserver son calme. Un papillon. En plein hiver.
-Oui, il est beau, n'est-ce pas ? déclara candidement le jeune être sans lâcher l'insecte du regard. Je trouve qu'il a de belles couleurs.
Apparemment flatté, l'insecte vint se poser au bout de son nez en déployant ses ailes comme à la parade, avant de les replier dans un élan feint d'humilité soudaine. Puis il se mit en devoir d'explorer ce nouveau perchoir du bout de sa trompe en spirale.
Actoléon sourit —l'insecte le chatouillant sans doute de ses gracieuses pattes.
Vanhel jeta un regard autour d'eux, pour vérifier que personne ne l'avait remarqué dans la salle, puis, d'un geste vif, il étendit la main, y emprisonna l'insecte et le jeta au coeur du feu. Actoléon se redressa brusquement, l'air peiné.
-Pourquoi est-ce que tu—
-Il n'y pas de papillons en hiver, gronda Vanhel à voix basse, surveillant toujours le reste de la salle. Si quelqu'un te voit jouer avec ça, tu risques d'avoir de gros ennuis.
Le jeune dieu fit la moue. Mais comme d'habitude il ne s'appesantit pas sur le problème, puisqu'il se redressa simplement en entourant ses jambes repliées de ses bras et parut s'intéresser au reste de la salle. Vanhel, qui à l'origine s'était approché de la cheminée pour pouvoir coudre dans la chaleur et la lumière, ne fit plus attention à lui, du moins jusqu'à ce qu'un mouvement suspect et un léger bourdonnement se fasse entendre de son côté. Il tourna immédiatement les yeux vers lui —pas la tête, pour ne pas attirer l'attention.
Actoléon souriait de nouveau, de ses lèvres trop grandes, et sur celle du bas était posée une coccinelle, rouge comme un baiser tacheté de points d'interrogation. Le plus nonchalamment qu'il puisse le faire, Vanhel tendit une main vers elle, saisit l'insecte entre son index replié et le pouce et s'en débarrassa de la même manière que l'autre.
Le jeune dieu lui jeta un regard presque blessé.
-Pas de hors saison, murmura Vanhel en vérifiant rapidement que d'autres bestioles n'étaient pas apparues autour d'eux. D'où les sors-tu toutes, tes bêtes ? Si tu étais comme Domino, je comprendrais, mais…
Actoléon, les sourcils toujours légèrement froncés, tendit une main ouverte vers lui et, regardant de l'autre côté comme s'il boudait, fit apparaître quelque chose au creux de sa paume. Au début ce ne fut qu'une forme indistincte, un amas de cellules se détachant des autres, mais peu à peu le tout se raffina, se précisa, et un ensemble délicat d'ailes translucides, le corps svelte et lisse d'une libellule, se profila.
Vanhel replia la main d'Actoléon sur elle.
-Arrête ça, intima-t-il à mi-voix. Arrête ça tout de suite, tu entends ?
Le jeune homme tourna enfin la tête vers lui.
-Mais je les aime, déclara-t-il doucement. Ils n'existent pas vraiment, comme moi, mais avec eux je ne suis plus si seul.
-Ne dis pas de bêtises.
Vanhel était en colère. Il détestait ce genre de choses, et l'idée qu'Actoléon aussi en était capable ne l'avait pas effleuré. Pourquoi lui ? Pourquoi lui ?
Il glissa un doigt au creux de la paume repliée, pour l'entrouvrir ; la libellule en formation n'était plus qu'un morceau de peaux mortes en train de se dessécher. La main d'Actoléon semblait si petite dans la sienne.
-On peut faire autre chose si tu t'ennuies, dit-il.
Le jeune dieu sembla intrigué. Vanhel, qui avait dit cela sans idée précise quant-à la suite des opérations, froissa presque nerveusement le tissu qu'il avait sur les genoux.
-Coudre, pensa-t-il tout haut.
Il s'éclaircit la gorge.
-Est-ce que tu sais coudre ?

LA
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